Roger Parry

Roger Parry - Photographe

Roger Parry

Photographe: Roger Parry

20 septembre 2007 Livres Arts-Mode » Gallimard Éditions

Roger Parry : Photographies

Roger Parry : Photographies

Roger Parry : Photographies, dessins, mises en pages, de Roger Parry, Mouna Mekouar, Christophe Berthoud

Voué aux prestiges de la chambre noire, le parcours de Roger Parry (1905-1977), en apparence farfelu, témoigne dès 1928 de ses prédispositions à explorer les relations entre mise en image et mise en pages. Offrant durant l’entre-deux-guerres diverses interprétations graphiques d’oeuvres littéraires pour les Editions de la Nouvelle Revue française (...)

BREVES EXPO

Roger Parry

Roger Parry du 18 septembre au 18 novembre 2007. Cette exposition porte un nouveau regard sur l’œuvre de Roger Parry dont les différentes étapes ont pour dénominateur commun le monde de l’édition. (...)

Roger Parry

Roger Parry (Paris,1905 - Cognac, 1977) a suivi une formation artistique, axée en particulier sur le graphisme et la décoration. Il découvre les potentialités de la photographie en 1928 au contact de Maurice Tabard. De retour d’un long séjour aux États-Unis, ce professionnel confirmé, proche de la mouvance surréaliste, est alors l’un des représentants, en France, de la Nouvelle Vision qui privilégie la spécificité du langage photographique. Dans une période où le décloisonnement des pratiques et des techniques artistiques se généralise, nombreux sont les artistes qui identifient la photographie avec la modernité. Parry s’enthousiasme pour les expérimentations qu’il développe avec Tabard et, en 1929, lorsque celui-ci prend la direction du studio Deberny Peignot, spécialisé dans la publicité de luxe, il devient son assistant. Tous deux travaillent en commun et signent indifféremment leurs compositions, multipliant les mises en scènes, exploitant les jeux de lumière, les points de vue, les surimpressions et les tirages négatifs. À partir de 1931, Parry est chargé de la promotion de romans publiés à la NRF (Nouvelle Revue française). Pour les vitrines des libraires, et pour les encarts publicitaires publiés dans la presse, il monte ses photographies sur des supports cartonnés et les accompagne des extraits des textes qu’elles illustrent. Durant l’entre-deux-guerres, la NRF commande également à Parry plus de 200 couvertures pour des collections populaires. Il réalise alors des mises en scène avec sa femme Madeleine, ses amis ou lui-même, puis procède à des manipulations, retouches et colorisations. Mais la véritable entrée de Parry dans le domaine de l’édition s’était faite plus tôt avec Banalité, édition de luxe d’un texte poétique de Léon-Paul Fargue, publiée en 1930 à l’initiative d’André Malraux, alors directeur artistique de la Librairie Gallimard. Seize compositions photographiques de Parry illustrent les deux versions proposées : 30 exemplaires avec tirages originaux et 300 avec héliogravures. Fabien Loris collabore aux cinq photogrammes que les deux amis intitulent "réogrammes", pour souligner le rôle des objets posés sur le papier sensible et dont les ombres portées composent l’image. Dans les autres planches, Parry reproduit également des objets du quotidien, mais il privilégie des méthodes anti-naturalistes, s’aidant de l’éclairage ou de la réversibilité du support photographique pour trouver des équivalences à l’onirisme du texte. Salué par la critique, Parry participe en 1932 à plusieurs expositions, dont "Surrealism" et "Modern European Photography", à la Julien Levy Gallery de New York, lieu important pour la diffusion de la photographie. Cette dernière expérience lui inspire une image en forme de rébus, où les titres d’un journal, "York", pour New York et "Paris" pour Parry, sous une vieille paire de chaussures, suscitent un nouveau jeu entre le texte et l’image. Parry s’intéresse au banal, donnant une dimension énigmatique à de simples natures mortes, comme "l’étoile de mer et le massicot". En revanche les portraits, qu’il s’agisse d’amis ou d’écrivains photographiés à la demande de la Librairie Gallimard, jouent souvent avec les ressources propres au médium — cadrage, superposition et surimpression —, mais aussi avec l’usage très pictural de la solarisation perfectionnée par Maurice Tabard.

1905 Naissance à Paris.

1919-1923 Formation artistique à Paris, où il fréquente l’école Germain Pilon puis l’École nationale des Arts décoratifs.

1927 Débute sa collaboration aux éditions de la NRF (Nouvelle Revue française) comme dessinateur.

1928 Fait deux rencontres déterminantes : le photographe Maurice Tabard qui l’initie à la photographie et le romancier André Malraux avec lequel il tisse des liens professionnels qui s’affirmeront dans le temps.

1929 Mai : avec Fabien Loris et à la demande de Malraux, alors directeur artistique de la NRF, il illustre de photographies le texte de Léon-Paul Fargue, Banalité. Juin : devient l’assistant de Tabard, directeur du studio Deberny-Peignot.

1930 Voyage en Afrique avec Loris.

1931 Contribue à promouvoir les romans de la NRF en imaginant affiches et réclames.

1932 Voyage aux îles pacifiques avec Loris.

1934 Publie à la NRF son album Tahiti.

1935 Réalise des photos-couvertures pour les collections de la NRF, "Succès", "Scarabée d’or", "Détective".

1937 Participe à la prestigieuse exposition "Photography 1839 1937" au Museum of Modern Art de New York.

1938 Présente à la galerie Paul Magné son travail inspiré du roman de Jeff Last, Zuyderzzée.

1939-1944 Exempté par le bureau militaire, il publie dans Match et Marie-Claire puis dans La Semaine, principal hebdomadaire de divertissement sous l’Occupation.

1944 Août : rejoint le Comité de Libération des reporters photographes de presse et couvre la Libération de Paris et les derniers affrontements qui ont eu lieu en France. Novembre : devient l’adjoint d’Henri Membré, fondateur du service photographique de l’Agence France-Presse.

1945 Relate pour l’AFP le voyage du général de Gaulle aux États-Unis.

1947 Réalise son dernier reportage comme photographe de l’AFP lors de la Conférence de Moscou.

1947-1950 Réalise à la demande de Malraux des photographies pour Psychologie de l’art.

1951-1957 Assiste Malraux dans la conception graphique et dans la mise en page de ses écrits sur l’art dont Les Voix du silence, La Métamorphose des dieux et la trilogie du Musée imaginaire de la sculpture mondiale.

1959-1977 Intègre l’équipe de la collection "L’Univers des formes", créée par Malraux ; conçoit les maquettes des premiers volumes puis devient directeur technique de la collection.

1977 Meurt à Cognac, à l’âge de 72 ans.