Les trois premiers prix Boutographies 2011

Les trois premiers prix Boutographies 2011

Samedi 07 mai à la Maison des Relations Internationales ont été décerné trois des cinq récompenses distribuées aux photographes de la onzième édition des Boutographies - Rencontres Photographiques de Montpellier.

Pour le Prix Exchange

Lucia Herrero pour “Tribus“.

Les trois premiers prix Boutographies 2011
Tribus
© Lucia Herrero

Avec Tribus, Lucia Herrero pratique ce qu’elle appelle une anthropologie fantastique. Pour photographier ces familles de la classe moyenne espagnole sur la plage, elle s’est fondée sur ce modèle de photo anthropologique où l’on voit la tribu se montrer avec générosité et orgueil, en costume traditionnel et auprès de ses biens précieux. Les mises en scène appliquées ici forcent à peine le trait, juste ce qu’il faut pour souligner les continuités et les ruptures à l’oeuvre dans un monde occidental en crise d’identité et de repères.

Lucia Herrero est née en 1976 à Madrid, où elle étudie d’abord l’architecture, avant de suivre les cours de différentes écoles de photographie, à Valence, Amsterdam puis Barcelone. Elle se consacre ensuite à des activités scénographiques et théâtrales, avant de s’installer comme photographe freelance. Elle mène depuis des projets photographiques au long cours, qui seront exposés et primés dans plusieurs manifestations de dimension européenne (Photo Meeting Barcelona, Month of Photography in Bratislava, SCAN de Tarragona, RIP d’Arles…). En 2010, elle est élue parmi les nouveaux talents PhotoEspana et SFR Jeunes Talents.

Pour le Coup de Coeur Azart Photographie

Philippe Leroux pour “Réminiscence“.

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Réminiscence
© Philippe Leroux

Au début la pratique s’est installée indépendamment de ma volonté, faire des images de ma famille, simplement, comme beaucoup, sans projet esthétique particulier. Dans cette exécution répétée, l’acte photographique s’est transformé, le processus a évolué pour aller vers un travail spécifique, intimement lié à la photographie de famille. Ces photographies semblaient être le fruit d’une expression privée, intimement associée à mon seul territoire, à ma propre famille, à mon histoire personnelle. Avant tout, elles participaient à la construction d’une mémoire collective familiale. Le temps est disparition du passé et inexistence de l’avenir, de cette loi, l’album de famille répond par sa merveilleuse objectivation du temps vécu. Les cycles de la vie trouvent leur place dans l’album, ils s’inscrivent dans des histoires multiples. Je photographie les miens, ma famille pour être dans ce mouvement perpétuel, pour ne pas figer l’instant, pour échapper à un immobilisme calendaire.

Né en 1964, Philippe Leroux a été formé à la photographie en studio et au tirage d’exposition à Marseille où il exerce depuis le métier de photographe. Ses travaux l’ont amené à collaborer, avec la presse nationale, notamment Courrier International, la Croix et le Nouvel Observateur . Il réalise également de nombreuses commandes institutionnelles. En 2007, suite à une résidence, il réalise une série en Chine Baptisée " Made in Fuping " qui est présentée à la Galerie Collection des Ateliers d’art de France l’été 2008 et à La Galerie Empreintes à Aydat en octobre de la même année. En 2009, il compte parmi la sélection officielle des Boutographies à Montpellier avec "Made in Fuping". En 2010, son travail est présenté à la Galerie de la "Fontaine Obscure" à Aix en Provence et à la Galerie FOCALE à Nyon en Suisse dans le cadre du Festival du film Documentaire "Visions du Réel". Il fait partie de la sélections officielle des 20èmes "Itinéraires des photographes voyageurs" en avril 2011 à Bordeaux avec "Réminiscence". "Réminiscence" est le premier volet d’une série consacrée à une réflexion sur la mémoire et la photographie de famille.

Pour le Prix du Jury

Léa Habourdin pour “Cahier de doléance“.

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Cahier de doléance
© Léa Habourdin

Longer une frontière infranchissable, un abîme entre homme et animal qui témoigne d’une impossibilité, d’une constante observation entre curiosité et incompréhension, tel pourrait-être le pari de Léa Habourdin. Les frôlements sont là, et les images oscillent entre parade amoureuse et relation de prédation. L’apparat, la texture d’un pelage, l’enchevêtrement de plumes côtoient des fragments de corps humains, comme pour suggérer l’envie de toucher, d’une permanence du corps de l’Autre. C’est enfin la puissance d’un érotisme certain qui est visible dans « Cahier de doléances ». Seize images d’un mètre cinquante de haut nous plongent dans une relation troublante entre beauté, sensualité et brutalité.

Jeune photographe née en 1985, Léa Habourdin a étudié les métiers d’art à l’école Estienne avant d’intégrer l’ENSP d’Arles, d’où elle sort diplômée en 2010. Ses travaux ont été exposés lors des dernières RIP d’Arles, après avoir été présentés à la Biennale internationale de photographie en Chine (2008) à l’International Roaming Biennal (Téhéran, Belgrade et Berlin) en 2008 et 2009, à l’Europa Punkt de Berlin en juin 2009. Léa Habourdin est co-fondatrice du projet Europehophop, avec 27 autres photographes issus de 27 pays européens.

 

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