24 mars 2011 - Accueil du site » Expositions photos »

Watchers : Olivier Culmann

Watchers : Olivier Culmann

Olivier Culmann photographie les spectateurs du monde. Le contre-champ est sa position d’observateur. En fixant les gens regardants, il s’interroge sur les écrans, réels ou mentaux, qui se glissent entre eux et leur perception du réel.

Les images des attentats du 11 septembre 2001 furent un déclencheur. À travers la brutalité télévisuelle, la dimension de la catastrophe restait confinée dans l’ordre du fictif et de l’impensable. L’irréalisable de l’évènement le rendait irréel. Il scrute alors les visages des passants autour des ruines du World Trade Center. Eux-mêmes tentaient de vérifier l’anéantissement. En tournant volontairement le dos au lieu de l’attentat, Olivier Culmann choisit de photographier le reflet de leurs doutes sur cette réalité. Il explore le hors champ de la catastrophe, la répercussion de l’actualité et sa résonance sur les vivants.

Quelle fut-elle à 10 000 kilomètres de là, filtrée par la phosphorescence des tubes cathodiques ? La sidération se dilua-t-elle, parmi d’autres sentiments, dans la succession d’images, dans le pêle-mêle d’informations et de feuilletons, venus de l’autre bout de la planète ou du bas de chez soi, déballés sous des yeux anesthésiés ?

En photographiant les corps lovés puis affaissés, les visages sommeillants des téléspectateurs, Olivier Culmann pose la question de la réception. Car c’est désormais dans cette passivité quasi-immobile, dans cet engourdissement de la pensée que nous recevons le monde entier. Pas le monde réel mais une image du monde, parfois fantasmée. Dans ce temps mort de l’existence qui dure quelques minutes ou plusieurs heures, notre idée du réel se forme. Nos a priori s’effondrent, d’autres les remplacent. Nous recevons des nouvelles des autres.

Watchers : Olivier Culmann
Watchers
© Olivier Culmann

Olivier Culmann saisit les téléspectateurs du monde dans leur intimité. Cette série de portraits a remporté le 3e prix du World Press Photo dans la catégérorie « sujets contemporains » en 2008. Olivier Culmann photographie les gens qui regardent la télévision. Et leur téléviseur. Les téléspectateurs y plongent leur regard, hypnotisés par les images qui défilent à l’écran.

Le photographe capte cet instant où l’attention se relâche, où la conscience s’endort, bercée par la phosphorescence des tubes cathodiques. À cet instant souvent les corps se calent, se lovent puis s’affaissent. Rien de plus banal. Et rien de plus inquiétant. Car c’est désormais dans cette passivité quasi immobile, dans cet engourdissement de la pensée que nous, téléspectateurs, recevons le monde entier. Pas le monde réel mais une image du monde, un fantasme du réel. Informations, feuilletons, émissions, venus aujourd’hui de l’autre bout de la planète ou du bas de chez soi, sont déballés sous nos yeux anesthésiés. Leur impact est énorme.

Dans ce temps mort de l’existence qui dure quelques minutes ou plusieurs heures, notre idée des autres évolue, se transforme. Nos a priori s’effondrent, d’autres les remplacent inexorablement. Maroc, Inde, États-Unis, Mexique, Nigeria, Royaume-Uni, Chine, France : les téléspectateurs de ces pays reçoivent des nouvelles les uns des autres sans jamais se rencontrer.

- Samedi 2 avril à 14h30 : visite guidée de l’exposition en compagnie de Olivier Culmann. Cette rencontre sera également l’occasion de livrer une explication contextuelle de son travail photographique.

- Vendredi 29 avril à 19h30 : les projets « Mad in » En Chine en 2007, en Inde en 2008 et en Fr ance en 2009, ce sont trois productions collectives conçues selon le même principe : douze regards simultanés sur un territoire donné. Les photographes invitent des auteurs et des graphistes à participer à cette aventure. De ces mises en commun naissent des revues originales auto-éditées. Cette première conférence portera sur les réalisations collectives de Tendance Floue, en présence de deux photographes du collectif, Gilles Coulon et Flore-Aël Surun (sous réserve de modifications). Elle sera accompagnée de projections de films retraçant ces aventures.

- Samedi 7 mai à 16h : l’individu photographe et le collectif. Cette deuxième conférence permettra d’aborder les liens et relations entre l’individu photographe et le collectif, en présence d’Alain Willaume et de Meyer (sous réserve de modifications).

 

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