3 avril 2011 - Accueil du site » Expositions photos »

Sabrina Biancuzzi, Analectes

Sabrina Biancuzzi, Analectes

« Il est 10h00, je déambule entre la salle de bain et la cuisine, des milliers d’émotions me traversent. Souvenirs, nostalgie, désirs... Tout à coup mes yeux s’arrêtent. L’ombre portée d’une cheminée vient croiser la fenêtre de l’immeuble d’en face, en fermant un peu les yeux, j’y vois un voyage dans l’Espagne d’après-guerre.

Une mélancolie inconnue m’envahit. Il y a des poires sur l’évier et un bouquet de pivoines fanées... exposées à la lumière du jour, ces images viennent me parler d’un voyage que je n’ai jamais fait. » Sabrina Biancuzzi

La Little Big Galerie présente dans l’exposition « Analectes* » une sélection de trois séries de Sabrina Biancuzzi, entre rêve et réalité, quotidien et poésie. « L’Instant P. », série de polaroïds, « Entre Deux », réalisée au sténopé, et « Capture de Rêves » ont en commun une perte, volontaire ou inconsciente, de repères spatiaux et temporels.

« L’Instant P. »

« Il n’y a pas d’instant… C’est tout et tout le temps. C’est l’appel de l’image. Inévitablement. » par Sabrina Biancuzzi

Dans la série « L’Instant P. », Sabrina Biancuzzi collecte le quotidien, le banal, le désuet... Toute la poésie, la singularité, la simplicité et parfois le mystère qui émanent de ces instants a priori anodins, elle les saisit avec ces instantannés . Sans lien, ni hiérachie, au grè de la lumière du jour, naissante, zénitale ou déclinante,

Sabrina Biancuzzi dessine le tableau d’une journée de la vie courante, une parmi les autres. Leur force évocatrice se déploie dans le sujet même, dans la lumière, dans le cadrage. Sabrina s’attarde sur des moments insignifiants de la journée et en extrait la beauté, l’onirisme, la complexité ou l’ambiguité.

Elle écrit un long poème en images, assemble des moments suspendus pour inventer une écriture délicate et sensuelle. Les images restent imprégnées dans nos esprits et nous renvoient à notre propre quotidien, à notre propre existence. à la journée même que nous vivons, alors que nous sommes face à ces photographies : au bouquet de fleurs sur la table dont on n’oublie la présence et la délicatesse, à la douce lumière qui traversait les rideaux ce matin, à ces draps foissées dans l’étrangeté de la lueur de la chambre.

Entre contemplation et latence, entre conscience et rêve, les images de « L’Instant P. » nous invite a revisiter notre quotidien.

« Entre Deux »

« Sur ces clichés perdus dans le temps ; pas de frontières, pas de querelles linguistiques mais des étendues, des plages, des familles, des lieux connus de tous… Souvenirs de vacances… » par Sabrina Biancuzzi

« Entre Deux », propose une série d’images au sténopé sur les rives de la mer du Nord. Elle s’y livre à un exercice de style intime dans lequel elle travaille ses images de manière intemporelle. Un effet accentué par l’utilisation du grand format qui rend difficile la datation des prises de vues qui pourraient avoir été réalisées en début de siècle comme aujourd’hui.

 

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