24 juin 2010 - Accueil du site » Expositions photos »

Promenade Rock avec Claude Gassian

Promenade Rock avec Claude Gassian

En 1986, les rencontres d’Arles avaient invité à l’initiative d’Alain Dister des photographes couvrant la scène rock mondiale. Ce programme Rock et Photo avait marqué un tournant dans les Rencontres.

L’intérêt que l’on porte à ces photographies est en effet plus complexe qu’un seul catalogue de photographes fans.

Promenade Rock évoque cette relation entre le rock et la photographie notamment à travers une rétrospective couvrant quatre décennies du spécialiste français de la pop et du rock, Claude Gassian.

Quelque trois cents photos incluant également des travaux plus personnels seront exposés et une soirée spéciale aura lieu le 10 juillet au Théâtre Antique.

On retrouvera par ailleurs le travail du photographe dans la première exposition dédiée à Mick Jagger, l’artiste le plus photographié qui a accepté que les Rencontres retracent sa carrière à travers l’oeil des plus grands portraitistes.

On connaît tous ses portraits : Patti Smith au cimetière du Père-Lachaise ; Prince dans une loge désolée ; Muddy Waters dans son lit d’hôtel ; Keith Richards et Mick Jagger plaisantant dans un avion visiblement vide… Tricky ou les Kills, loin de leur image officielle, capturés le temps d’un instant décalé, unique, qui les révèle et les éclaire.

Dans le monde bruyant et surexposé de la scène musicale, Claude Gassian traque dans l’urgence les moments rares où, souvent au beau milieu du fracas et l’agitation, le bruit s’estompe soudain, la lumière devient plus subtile, le décor moins évident et la star… plus authentique que jamais, presque anonyme.

On connaît moins le travail personnel du photographe. Ses images d’autoroutes désertes, hantées de pontons aux allures d’étranges monuments païens. Sa série noir sur blanc de tracés électriques quasi-abstraits, inventant comme une nouvelle calligraphie. Ses architectures vides baignant dans une fragile et bien étrange sérénité. Depuis des années, Claude Gassian profite des moments perdus au cours de ses voyages, entre hôtels et aéroports, pour développer une recherche formelle a priori totalement opposée mais ô combien complémentaire à son activité principale. Pour figurer un monde sans regards ni visages. Pour arpenter des paysages silencieux et intemporels, aux antipodes de ses portraits d’artistes. Du moins en apparence…

par Philippe Blanchet

 

    547