8 avril 2009 - Accueil du site » Expositions photos »

Paris par William Eggleston

Paris par William Eggleston

Né en 1939 à Memphis, Tennessee, le photographe William Eggleston se plaignait jeune de ne pas savoir quoi photographier autour de lui. On lui suggéra de prendre en photo ce qu’il voyait, dans sa vie quotidienne.

En 1976, le MOMA publia William Eggleston’s guide, livre de photos exclusivement prises dans le Tennessee. Le regard qu’il porte alors sur les détails du quotidien, prenant en photo scènes anodines et objets sans valeur le place comme précurseur d’une nouvelle photographie en couleur, initiée au début des années 1970. Dennis Hopper dit de lui qu’il se trouve dans une relation d’amour-haine avec la civilisation et le paysage américains.

Sans artifice, Eggleston prend ce que voient ses yeux, sans chercher l’esthétisme dans ses images. La couleur est primordiale, souvent renforcée par le flash.

Du 04 avril au 21 juin 2009, la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain expose une série de photographies de William Eggleston intitulée Paris. Cette exposition est à l’origine une commande proposée au photographe il y a trois ans au détour d’un repas avec Hervé Chandès, commissaire de l’exposition.

Ces photos ont été réalisées au cours de trois séjours de William Eggleston à Paris en octobre 2006, mai-juin 2007 et juin 2008. Elles sont accompagnées de peintures du photographe, que l’on trouvera également dans le catalogue de l’exposition.

Ayant arpenté les rues, musées, restaurants et hôtels parisiens, le photographe a cherché à capter l’âme de Paris à travers des détails plutôt que des grands ensembles. Il a souhaité extraire les objets de leur contexte, nous donnant l’impression d’être dans une ville anonyme.

Paris par William Eggleston
Sans titre
Paris, William Eggleston

Ces morceaux choisis de vie parisienne sont à deviner ; un bout de banc, une fenêtre de voiture, des balconnières un peu pauvres, des feux rouges, des vitrines ; difficile donc de remettre en place cette mosaïque de couleurs.

A travers le prisme de William Eggleston, nous reconnaissons une ville, sans vraiment identifier Paris. Pas étonnant de la part du photographe américain, dont on aurait difficilement attendu des photos pleines de clichés parisiens (Tour Eiffel, Champs-Elysées, Notre-Dame et compagnie)

Si certaines photographies manquent à mes yeux de réel intérêt, d’autres trouvent une certaine grâce lorsqu’il capture le pied d’une jeune fille dans une ballerine rouge, ou les jambes d’un passant tentant de passer entre les gouttes de pluie. Quand il prend en photo un détail de sac poubelle transparent qui sillonnent nos rues depuis l’installation du plan vigipirate, William Eggleston nous parle plus d’une époque que de Paris.

par Mélanie Jourdan

 

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