20 novembre 2007 - Accueil du site » Expositions photos »

Méditerranéens

Méditerranéens

Yves Jeanmougin est né le 5 décembre 1944 à Casablanca d’une mère algéroise et d’un père natif de Rabat, Yves Jeanmougin quitte le Maroc avec sa famille en 1956.

Après plus de sept ans de photoreportage au sein de l’agence VIVA qu’il rejoint dès ses débuts en 1973, aux côtés des fondateurs –, au cours desquels il traite des sujets de fond marquants : armée française, familles du quart monde, Indiens montagnais au Québec, enfants au travail à Naples, Pigalle…, Yves Jeanmougin décide de s’éloigner de Paris et de poursuivre sa route en toute liberté, en marge des grands courants médiatiques.

En 1980, il choisit de s’installer à Marseille, ville à travers laquelle il développe, seul ou accompagné, plusieurs de ses thèmes majeurs, partant des diverses communautés vivant dans la cité phocéenne, en passant par l’Unité d’habitation de Le Corbusier, le quartier Belsunce ou la prison des Baumettes, pour aboutir à une vision plus dépouillée de cette porte ouverte sur la Méditerranée, qui le mènera tout naturellement vers l’autre rive, oû il retrouvera ses racines.

Cette démarche, ancrée au coeur des villes et des hommes qui y vivent, suscite, en 1990, la rencontre avec le chorégraphe François Verret, à la recherche de la même confrontation, avec lequel il collabore une dizaine d’années : film Censures (Baumettes), chantiers navals abandonnés de La Seyne- sur- Mer, centre de loisirs désaffecté ’’Le Fresnoy’’ (Tourcoing), Mulhouse, Aubervilliers…

De 1995 à 1996, il pose momentanément ses appareils photo pour aborder le film documentaire autour du monde du handicap. Début 1997, Yves Jeanmougin redécouvre sa ville natale et lui consacre désormais une place centrale dans son parcours. Puis retrouvailles en 1998, à Marseille toujours, avec Philippe Foulquié, qui oeuvre aux destinées de la Friche la Belle de Mai et l’y invite en résidence, après lui avoir offert des années auparavant sa première exposition (1973).

Occasion rêvée pour Yves Jeanmougin de collaborer avec d’autres artistes et écrivains* sur des projets orientés vers la Méditerranée, à travers l’association Métamorphoses, à laquelle le travail de son atelier est étroitement lié : Maroc, médina, médinas ( 1999), Carcérales, pages et images de prison ( 2001), Curumi, naissance d’un spectacle ( 2002), Déliés, une descendance algérienne ( 2005) ; Algériens, frères de sang - Jean Sénac, lieux de mémoire ( 2005), Casablanca ( 2007)

Marseille Ces « photos de famille », qui lèvent le voile sur l’aujourd’hui de la ville, ont requis une profonde complicité des personnages : la plupart des clichés sont d’abord des photographies posées. C’est là le résultat d’un minutieux travail d’approche, d’« apprentissage » des modèles, d’exploration et de compréhension des différentes manières d’être communautaires. Car Yves Jeanmougin photographie dès lors que ses « sujets » sont en parfaite sympathie avec son projet, qu’ils y adhèrent et y participent. C’est ainsi que les intérieurs, les « décors » sont volontairement mais pudiquement révélés et qu’ils pointent une réalité marseillaise profondément ancrée au-delà des images de quartiers traditionnellement marqués, au fil de l’histoire, d’une présence migratoire. Par Anne-Marie Lapillonne

Alger, Oran Ces garçons à la pêche, casquette américaine, visière sur la nuque. Troisième millénaire, sous le regard d’Yves Jeanmougin. Ils ont la grâce des garçons de la mer, des villes de la mer, Oran, Alger. On ne les voit pas à la pêche, du haut de la ville, désoeuvrés, assis solitaires ou en petites bandes, face à la mer, ils espèrent. Ils ont été les enfants, garçons et filles pas encore séparés, que l’oeil du photographe surprend, écoliers à la fontaine, sur le seuil d’une maison ancienne maculée de fétiches, mains de Fatma, signes divins, l’étoile et le croissant, ils ont été ces enfants joyeux à la vive espérance, avant ce désarroi des fils du pauvre. Par Leïla Sebbar

Casablanca D’Anfa à Casablanca, sur l’Atlantique, à l’ouest du Maroc, quelle épopée ! En effet, du port qui était la capitale d’un petit royaume berbère, vers le Xe siècle, devenu Casablanca, capitale économique du royaume depuis le début du XXe, une histoire mouvementée et complexe n’a cessé de se dérouler. Elle est à l’arrière-plan du superbe album d’Yves Jeanmougin, photographe, esthète et humaniste. Né le 5 décembre 1944 dans cette ville, la plus grande et la plus peuplée du royaume avec près de quatre millions d’habitants aujourd’hui, il la quitte en 1956 et n’y retournera que quarante ans plus tard. Il renoue avec sa ville natale en 1997, grâce à un projet dédié à l’imaginaire de la mégapole, et lui réserve dès lors une place privilégiée dans son oeuvre. De ce long travail de terrain, il tire l’album Casablanca, à travers lequel il nous livre sa ville de l’intérieur. Ce regard est essentiel. Près de deux cents photographies nous la dévoilent dans son extraordinaire diversité, résultat d’une incroyable évolution dans le temps et dans l’espace. Par Paul Balta

source : sophot.com

 

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