23 juillet 2007 - Accueil du site » Expositions photos »

Les Oubliés du pipeline

Les Oubliés du pipeline

Inauguré en mai 2006, l’oléoduc BTC relie sur 1,760 km de long les villes de Bakou (Azerbaïdjan) à Ceyhan (Turquie), en passant par la Géorgie. Construit par un consortium mené par BP, il est le deuxième plus grand oléoduc au monde et le projet le plus important du Caucase d’un point de vue économique et politique.

Les Oubliés du pipeline Jusqu’à un million de barils par jour vont transiter des réserves de la mer Caspienne directement à la mer Méditerranée, permettant aux pays occidentaux d’éviter la Russie et permettant à l’Azerbaïdjan un accès direct aux marchés occidentaux de l’énergie. Le contrat d’extraction de pétrole de plusieurs milliards de dollars signé par BP avec le gouvernement azéri est désormais connu comme le contrat du siècle en Azerbaïdjan, nation qui va devenir la plus riche de la région.

- Mais pendant que l’or noir coule dans les veines du pays, sa population doit faire face à une réalité un peu moins rose. 800 000 réfugiés du conflit avec l’Arménie pour l’indépendance de la région du Nagorno-Karabakh en 1993-94, vivent encore dans des trains abandonnés, des maisons en boue ou des immeubles insalubres, douze ans après le cessez-le-feu. Ce naufrage social, ainsi que l’inexistence d’une opposition politique et les cas fréquents de non-respect des droits de l’homme, ne semblent soucier ni le gouvernement azéri ni les pays occidentaux. Priorité au pétrole.

- Cette série de photographies réalisée en Avril 2006 est le premier volet d’un projet de photographie sociale qui couvrira l’intégralité du tracé de l’oléoduc à travers l’Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie, afin de dresser un état des lieux social de ces « oubliés du pipeline ».

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Les Oubliès du pipeline
© Grègoire Eloy

- Tous vivent à quelques encablures du tracé du pipeline et regardent impuissants la marche du monde s’opérer sous leurs yeux. En Turquie, près de 6,000 villages seront vidés et/ou rasés pendant le conflit entre l’armée turque et les rebelles du PKK entre 1984 et 1999 dans le sud est turc, provoquant une exode rurale sans précédent vers la capitale de la région, Diyarbakir. Plusieurs générations de paysans et leurs descendants tentent de survivre et de s’adapter à la vie urbaine. Ceux qui n’y arrivent pas reviennent habiter les villages en ruines. Or noir en transit et désastre social se côtoient le long du nouveau tuyau.

source : © SoPhot.com

 

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