22 mai 2011 - Accueil du site » Expositions photos »

Les Héliotropes

Les Héliotropes

Le voyage est un ailleurs, pas forcément lointain, mais inéluctablement, hors de notre quotidien. Le rapport au temps s’en trouve modifié, de façon flagrante ou imperceptible, il change, s’adapte, s’accélère ou se ralentit. En 2002, lorsque je quitte Paris pour rejoindre l’Inde, j’ai pleinement conscience de cette réalité que je veux traduire dans mon travail. Je cherche le procédé qui me permettra de rendre au mieux cette émotion sans trahir mon propos. Le Polaroid s’impose alors comme la réponse à mes questions.

Plus exactement, le transfert polaroid, qui consiste à séparer l’image de son support pour l’appliquer sur du papier. Cela va me permettre de construire un carnet de voyage quasiment en temps réel, tout en brouillant les pistes du temps.

Mes photos deviennent des images altérées, parfois légèrement détériorées comme surgissant du passé. Un passé immédiat empreint d’une dimension intemporelle. L’inde sera le déclencheur des séries que je présente aujourd’hui. « Héliotropes » aborde la question du territoire, de son aménagement, de son appropriation, de son développement autant que de ses limites. Des territoires que j’ai traversés je suis revenu toujours avec ce même désir d’interroger la place de l’homme dans cette géographie complexe où s’entremêle la notion de frontière et d’infini.

Le procédé de transfert polaroid consiste à appliquer le négatif d’un film séparable sur un nouveau support, comme du papier aquarelle. L’image est transférée par contact. Le transfert d’image est possible uniquement à partir d’une photo sur film séparable. Personnellement, j’utilise le polaroid 669 qui n’existe plus aujourd’hui. Anticipant l’arrêt de la production polaroid, j’ai commencé à stocker les derniers polaroid du marché, notamment à New york. Aujourd’hui il m’en reste encore quelques boites pour réaliser 2 ou 3 séries. J’utilise les papiers aquarelle Canson BFK Rives comme support. En fonction de l’humidité et de la texture du papier, on obtient un rendu plus ou moins net, plus ou moins aquarellé. Entre photo et dessin.

Partie 1 Oualata :

Les Héliotropes
Oualata
© Laurent Villeret
Territoire nu par excellence, le désert est habité par l’absence. Nulle trace de l’homme, ou si peu. Entamer sa traversée c’est se confronter à l’effrayante fascination qu’exerce le vide, accepter la rudesse du dénuement et l’épreuve de la solitude. Face à la vaste étendue minérale où règnent en maîtres le sable et la pierre, l’humilité est la meilleure des alliées pour ne pas se perdre et demeurer soi-même...(...)

Partie 2 Chinoiseries

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Chinoiseries
© Laurent Villeret
A l’exact opposé du désert aussi vaste qu’inhabité, les territoires urbains et leur densité de population m’ont plongés dans la même reflexion quant à la place de l’homme dans son environnement. De Pekin à Shangaï j’ai ressenti ce même sentiment de fragilité qu’impose la démesure. Rien n’est à l’échelle de l’homme, pourtant seul responsable du paysage façonné de sa main. Un décor où il se fond pour n’être qu’un élément sur lequel pèse la réalité d’une architecture étouffante. Le dédale des rues, pareil à une fourmilière, qui s’offre à qui veut se perdre sous le regard écrasant des bâtiments n’est pas moins anxiogène que l’immensité désertique du Sahara....(...)

Partie 3 Tehuantepec

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Tehuantepec
© Laurent Villeret
Entre le golfe du Mexique et l’océan Pacifique, l’isthme de Tehuantepec marque la séparation entre Amérique centrale et Amérique du Nord. Zone de fracture mais surtout lien entre deux océans, l’Atlantique et le Pacifique, cette bande de terre large de 130 km est marécageuse et couverte d’une dense forêt tropicale au Nord, qui contraste avec la sécheresse des pentes du Pacifique au Sud. « Tehuantepec » en langage nahuatl, c’est la colline du jaguar. Dans cette zone où les fortes températures sont adoucies par les vents, le jaguar est associé au soleil, symbole paradoxal de menace et de protection....(...)
par Laurent Villeret
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Les Héliotropes
© Laurent Villeret

 

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