4 septembre 2012 - Accueil du site » Expositions photos »

François Delebecque

François Delebecque

Du 14 septembre au 24 novembre 2012, la VOZ’Galerie vous invite à emprunter les chemins de traverse de la photographie en découvrant les « sculptures photographiques » de François Delebecque. Un gorille dans sa jungle, une maquette de bateau au milieu des algues, une tour Eiffel qu’on dérobe… Qu’il la suspende à des câbles d’acier ou qu’il l’enchâsse dans des hublots métalliques, François Delebecque, ancien pensionnaire de la villa Médicis à Rome, n’a pas son pareil pour mettre la photographie en cage. Poétiquement. Délicatement.

Il la piège. À moins que ce ne soit la Nature elle-même – qu’elle soit animale, végétale ou humaine – qu’il cherche à contraindre. Etreintes dans leur armature métallique, parfois rétroéclairées ou entourées de bogues de châtaignes, les images – des tirages noir et blanc sur film transparent – distillent toute leur onirique beauté.

Il faut dire que François Delebecque aime jouer avec le fer, qu’il manie avec une grande dextérité. C’est à l’orée des années 90 qu’il ressent la nécessité impérieuse de travailler la matière, d’intégrer la photographie à un volume. Ce sera une structure en acier. Le voilà qui apprend la soudure à l’arc et l’oxydation, faisant du fer à béton tors son matériau de prédilection et le support de nouvelles formes de mise en situation de la photographie : Gorille la cage oubliée, la série des Hublots ou des Cordes…

De cette improbable alliance naissent autant d’objets en trois dimensions qui jouent avec la transparence des films et la superposition des images pour mieux raconter la Nature, la nudité ou les joutes humaines… Hublots, boîtes lumineuses et autres suspensions deviennent le théâtre de petites saynètes d’où jaillissent et s’entrelacent les corps, la faune et la flore. À la rugosité du support répond la délicatesse de l’image, à la vigueur des corps répond le piquant de la nature. François Delebecque aime jouer avec les contrastes. Surprenant pour un photographe ? A la fois drôle et pertinent, l’univers onirique de François Delebecque véhicule un idéal d’absolu où une suave mélancolie le dispute à une poétique de la légèreté… Une écriture visuelle singulière pleine d’une énergie badine et d’une grande poésie qui cache derrière son apparente fantaisie une réflexion sur l’absurdité de la condition humaine. Le mythe de Sisyphe n’est jamais très loin.

François Delebecque
Hublots, cages et suspensions
© François Delebecque

 

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