4 juin 2009 - Accueil du site » Expositions photos »

Ce n’est pas moi qui clame, c’est la terre qui tonne

Ce n'est pas moi qui clame, c'est la terre qui tonne

« Quand on me demande d’écrire sur mon travail, je réponds que, si je suis devenu photographe, c’est justement parce que je ne sais pas écrire par Bruno Dubroqua ».

Cette exposition de Bruno Dubroqua présente des tirages noir et blanc issus d’un traitement spécifique au Polaroïd 665. Le processus de développement initie le début de la carrière du photographe qui opte pour une démarche aléatoire. Le film, de part sa spécificité chimique,« laisse libre court à l’imaginaire, à une expression picturale toute singulière ». Le rendu des images offre une matière riche, mise en valeur par le grain des tirages.

Des paysages silencieux se livrent au spectateur et dégagent un mystère et une solitude certaine. Sur ces images, il n’y a que la nature pour parler, et celle-ci se révèle être sujette au vieillissement et à la déperdition. En effet, Bruno Dubroqua, dans son laboratoire, aime gratter, modifier ou effacer certains éléments des paysages. Cette méthode traduit un certain désir de détachement de la réalité, pour laisser place aux rêves, à l’imaginaire. Tous ces incidents volontaires marquent la signature du photographe.

Dans cette palette allant du noir au blanc, les formes se révèlent harmonieuses. Parfois, un détail vient ajouter une dimension poétique à la composition, comme ces quelques tâches blanches, qui rappellent des fleurs. On retrouve ici les fondements de la photographie. On pense aux paysages de Adams, on y retrouve l’époque pictorialiste.

Bruno Dubroqua est né en 1967 à Bordeaux. Il est designer et styliste, puis se tourne vers la photographie en 2002, lorsqu’il découvre le film Polaroïd 655. Il vit et travaille actuellement à Paris.

par Alexandra Calame

* Titre emprunté à Attila Jzsef (dans A cœur pur, Poésie Rock, Le Seuil, Fiction & Cie)

 

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