Né quelque part
Né quelque part, de Francesco Zizola, Caroline Milic, Robert Delpire
Qu’il s’agisse du quotidien, du banal, d’événements exceptionnels ou de destins exemplaires, les grands photographes, dans leur subjectivité même, témoignent d’irremplaçable façon. Francesco Zizola fait partie des ses grands photographes.
Francesco Zizola, est né en Italie en 1962 et vit à Rome. Il suit des cours d’anthropologie à l’Université de. Rome avant de commencer à travailler comme photographe en 1981. Depuis 1986, il a couvert l’actualité internationale pour les principaux magazines internationaux, dont Panorama, Epoca, II Venerdi, Newsweek, Time, Stern et Le Figaro. Son travail a fait l’objet d’expositions dans différentes capitales européennes.
Caroline Milic (Préface) : Cet état des lieux de la misère et des misères de l’enfance n’est pas une exhortation à brandir l’idée aujourd’hui éculée des droits de l’homme - idée trop usagée, mille fois ressassée et dressée à tort, à travers, plus souvent qu’à raison, rompue à la défense du tout et du n’importe quoi -. Il nous renvoie d’abord à nos contradictions - contradictions d’occidentaux qui considérons le plus souvent l’enfance comme l’incarnation d’un idéal chimérique d’angélisme ou de pureté, et qui fermons les yeux -. Mais il figure surtout notre mauvaise conscience. La mauvaise conscience de l’ignorance, de l’abandon comme de la violence faite à ces enfants. Les images de Francesco Zizola dénoncent tacitement l’universel règne du pouvoir bestial, inhumain, celui du plus fort, du puissant, du sans pitié : pouvoir féroce de nuire et d’asservir, pouvoir de tuer. Et par-delà notre devoir moral d’adulte, notre seule humanité devrait nous enjoindre de les protéger. Non pas parce qu’il nous appartient de préserver une utopie des anges, mais parce qu’il nous appartient simplement de défendre les plus faibles. par Caroline Milic
Robert Delpire (Postface) : On lit et on dit beaucoup, dans les journaux spécialisés et dans les réunions où l’on cause, que la photographie a évolué de considérable façon, que celle d’hier n’a rien à voir avec celle d’aujourd’hui. Je suis d’un avis tout différent. Je suis bien conscient de ce glissement du narratif au conceptuel, de cet effort que font certains photographes pour avancer sur la planche savonneuse de l’esthétisme pur. Je ne crois pas qu’on puisse ignorer les différences qui existent entre argentique et numérique, mais je suis convaincu que la nature profonde des photographes n’a pas changé. Qu’il y a eu, dès le tournant du siècle, des photographes à l’oeil vif et au coeur tendre, des photographes dont la vocation n’est pas d’orner les murs des musées en tapant sur la calebasse de l’autosatisfaction, mais de montrer, en usant du révélateur de vérité qu’est la pellicule, comme l’homme est dur pour l’homme, et pour les petits d’homme, comme on peut manquer de pain et d’affection à en mourir. Non, la photo n’a pas changé. Lewis Hine, Jacob Riis, ils ont un frère, il s’appelle Francesco Zizola. par Robert Delpire

- Né quelque part
- de Francesco Zizola







































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