Interior exposure
Interior exposure, de Jessica Todd Harper
Jessica Todd Harper, photographe américaine, publie sa première monographie sur des portraits de famille, intitulé Interior exposure. Elle a commencé ses portraits de famille et d’amis en 2000, après avoir déjà mené un projet d’étude lorsque sa grand-mère était atteinte d’Alzheimer. Alors qu’elle voyait sa grand mère perdre peu à peu ses moments de lucidité, Jessica Todd Harper a entamé une réflexion sur le fonctionnement de la mémoire et sur le sens de la sphère privée.
C’est ainsi qu’elle a commencé à immortaliser les visages féminins qui forment sa famille, se mettant elle même en scène avec celui que l’on suppose être son mari, Christopher.
La lumière naturelle, pénétrant par les fenêtres de la maison rappelle la douceur des tableaux des peintres européens de la Renaissance, notamment à Vermeer. On pense également aux photographes contemporains Andrew Wyeth, Sally Mann et Arnold Newman.
Les cinquante photographies que composent cette monographie Interior exposure de Jessica Todd Harper sont introduites par un texte de Larry Fink. A la fin de l’ouvrage, une interview avec Sarah Anne McNear réalisée en 2007 vient nous aider à mieux saisir les conditions de travail de la photographe et la technique employée.
Jessica Todd Harper nous livre par exemple qu’elle retravaille les photographies argentiques qu’elle numérise et retouche sur l’ordinateur. Elle avoue pouvoir passer beaucoup de temps sur une même photographie, jusqu’à obtenir un résultat très proche de ce qu’elle souhaitait : “pour la photo de couverture de Christopher et moi devant l’évier avec les clémentines : j’ai passé deux mois dessus. Si vous la regardez sur la planche contact, cette photo n’a pas d’intérêt, la lumière n’est pas chaude, on ne ressent pas cette bulle d’intimité, parce qu’en vérité il fait plus froid, plus sombre dans cette pièce”.
Jessica Todd Harper peut avoir subitement une intuition devant la lumière, aller chercher sa sœur, la faire poser de telle ou telle façon, ajouter un détail, et faire la photo. Elle ne traîne pas pour éviter au modèle de se crisper, et efface certains éléments qu’elle trouve inutile quand elle retouche la photo.
Dans Interior exposure, Jessica Todd Harper nous offre une vision douce, intimiste, et vraiment belle de la famille. Les repas de Pâques ou de Noël, les câlins entre enfants et parents, l’érotisme à peine suggéré aussi sont autant de moments précieux que cette jeune femme accepte de partager avec nous.
par Mélanie Jourdan

- Interior exposure
- © Jessica Todd Harper













































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