Tour d’un monde (1981-2008)
Tour d’un monde (1981-2008), de Georges Rousse
Imaginons un seul instant toutes les images de Georges Rousse soudainement privées de ce surplus iconographique que l’artiste affecte aux lieux dans lesquels il intervient.
Que verrions-nous ? Des espaces vides, le plus souvent désaffectés. L’œuvre de Georges Rousse s’offrirait alors à voir comme un grand livre d’images qui organiserait une sorte d’inventaire d’espaces architecturés. Des espaces de toutes sortes et de toues natures : bureaux, dépôts, hangars, lieux d’habitation, sites industriels...
Les uns en attente de destruction, les autres de réaménagement. Ce jeu iconographique ne vaudrait alors que pour inviter le regardeur à prendre la mesure du principe d’occupation qui règle le travail de l’artiste. Une façon aussi de mieux entrer dans l’univers artificiel mais non moins poétique qu’il crée, en s’appliquant à en décortiquer la savante organisation.
Car tout est là chez Georges Rousse : il ne s’agit jamais d’apparence mais d’essence, voire de quintessence. Le regard hâtif qui se contenterait d’un simple coup d’œil, c’est-à-dire qui se suffirait du paraître, resterait toujours dans l’en-deçà du travail. Pis, dans son ignorance. Aussi, face à ses images, force est au spectateur d’y porter un regard soutenu, faute de quoi il ne les appréhenderait que de manière handicapée. Surtout, il n’en percevrait pas ce qui en fait la substance la substantifique moelle comme on le dit quand on veut souligner la part de gravité et de profondeur d’une chose, à savoir ici le génie des lieux.

- Tour d’un monde (1981-2008)
- de Georges Rousse







































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